« Cela, — poursuivit ma sœur, — c’est un tachymètre, un compteur de vitesse. Il indique une translation de plus de 20 kilomètres 800 par minute ; soit, à peu près, du 1.250 à l’heure.
— Saperlotte ! nous marchons à…
— Non, mon ami, nous ne marchons pas.
— Oh ! oh ! expliquez-vous, sacrebleu !
— Nous ne marchons pas. C’est l’air qui détale autour de nous. Notre esquif est immobile dans l’atmosphère déchaînée. Et de là vient, Archie, que je l’ai baptisé l’Aérofixe.
— Ho !
— Oui. Attendez un peu… Maintenant, me voilà tranquille. Encore ce robinet à fermer… Là ! Je suis à vous. Que la lumière soit dans votre âme et dans cette cabine !
Et ma sœur créa le jour électrique, dont la violence abolit, au fond du périscope, la lune et les étoiles.
— C’est l’air qui détale ? — repris-je, au paroxysme de la curiosité.
— Voyons, mon frère, si marchand de ficelle que vous soyez, n’avez-vous jamais pensé combien les hommes sont ridicules dans leur façon de voyager ? ridicules de se déplacer, à grand renfort de vapeur, d’essence ou d’électricité, SUR UNE BOULE EN MOUVEMENT, alors qu’il suffit de rester stationnaire au-dessus d’elle, pour que tous les points d’un même parallèle vous défilent sous les yeux, l’un après l’autre, avec faculté d’y atterrir ?