— Eh ! quel homme c’est ! Ce qu’il a imaginé ! Ah ! c’est même affreux. Ça vous serre le cœur, ça vous pince l’âme, tant c’est vivant ! Et que lui a-t-on fait à l’inventeur pour cela ?
— Comment ?
— Eh ! bien, lui a-t-on par exemple donné une récompense ?
— Pourquoi lui donnerait-on une récompense ? demandai-je, non sans une intention perfide.
— Comment pourquoi ? ce livre… est comme un acte de police. On le lit — et on juge. Pila, Cissoïko… quels gens sont-ils ? Et tout le monde les plaint. Ce sont des gens obscurs, innocents… Quelle vie est la leur ? Et alors…
— Eh ! bien ?…
Konovalov me regardait d’un air confus et dit timidement :
— On devrait faire un règlement quelconque. Ce sont des hommes eux aussi, il faut les diriger.
En réponse à cela, j’esquissai toute une conférence. Mais, hélas ! elle ne produisit pas l’effet sur lequel je comptais.
Konovalov se mit à songer, baissa la tête, se balança de tout son corps et soupira, sans m’empêcher par un seul mot de jouer au professeur. Je me lassai enfin et fis une pause.