Et, s’étant arrêté au milieu de la cuisine, il songeait en souriant. Je suivais le jeu de sa physionomie excitée et je tâchais de deviner sa décision.

— Maxime !… En marche pour Koubagne !

Je ne m’attendais pas à celle-là. J’avais sur lui des vues pédagogiques et littéraires ; je nourrissais le secret espoir de lui apprendre à lire et de lui communiquer tout ce que je savais moi-même à cette époque. Il eût été intéressant de voir ce qui en serait résulté… Il m’avait promis de rester en place tout l’été, ce qui faciliterait ma tâche, et tout à coup…

— Qu’est-ce que tu inventes encore ? lui dis-je un peu troublé.

— Mais, que faire enfin ? s’écria-t-il.

Je commençai à lui dire que peut-être le crampon de Capitolina n’était pas si effroyablement sérieux qu’il le pensait, qu’il fallait attendre et voir.

Et même il se fit que nous n’eûmes pas longtemps à attendre.

Nous causions, assis par terre près du four, le dos tourné aux fenêtres. Il était minuit environ, et il y avait une heure et demie ou deux heures que Konovalov était revenu. Tout à coup, derrière nous, retentit un bruit de verre brisé, et une assez grosse pierre tomba bruyamment sur le plancher. Effrayés, nous sautâmes sur pieds et courûmes à la fenêtre.

— Manqué ! cria une voix perçante. J’ai mal visé ! Sinon…

— Allons-nous-en, rugissait une basse féroce. Allons-nous-en, je l’arrangerai après.