— Combien de temps y avait-il que vous ne vous étiez vus ?

— Cinq ans, peut-être… Quand il a quitté le village, j’allais sur mes dix-sept ans.

Ils entrèrent dans la cabane où la chaleur et l’odeur du poisson étaient étouffantes. Ils s’assirent : Iakov sur une grosse souche de bois, Malva sur des sacs. Entre eux il y avait un tonneau scié en deux, dont le fond servait de table à Vassili. Quand ils furent installés, ils s’examinèrent longuement sans mot dire.

— A ce qu’il paraît, tu veux travailler ici ? demanda Malva.

— Mais… je ne sais pas… si je trouve quelque chose, je travaillerai.

— Tu trouveras bien ! dit avec assurance Malva, le tâtant toujours de ses yeux verts singulièrement frisés.

Il ne la regardait plus et, avec la manche de sa blouse, essuyait la sueur qui couvrait son visage.

Tout-à-coup, elle se mit à rire :

— Ta mère t’a probablement chargé de commissions et de salutations pour ton père ?

Iakov eut un mouvement d’humeur et répondit :