Il disparut de nouveau.
Malva ne cessait pas de grignoter des graines. Elle dévisageait Iakov familièrement, et, lui, s’appliquait à ne pas rencontrer ses yeux, bien qu’il en eût grande envie, et il pensait à part lui :
— Il faut que la vie soit bonne ici, qu’on mange à sa faim… Comme elle est grasse, et le père aussi !
Puis, le silence l’intimidant, il dit tout haut :
— J’ai oublié mon sac dans le bateau… je vais le prendre.
Iakov se leva sans hâte et sortit. Alors apparut Vassili ; il se pencha vers Malva et lui dit rapidement, avec colère :
— Tu avais bien besoin de venir avec lui !… Que lui dirai-je de toi ? Que m’es-tu ?
— Je suis venue et voilà tout, fit Malva.
— Eh ! toi… stupide créature ! Tu n’as pas honte… Comment ferai-je maintenant ? Faut-il lui dire en face que… Mais j’ai une femme à la maison ! Sa mère… Tu pouvais bien comprendre cela !
— Qu’est-ce que ça me fait ? Ai-je peur de lui par exemple ? Ou bien de toi ? demanda-t-elle, pinçant avec mépris ses yeux verts. Et comme tu t’es démené à sa vue ! Ce que je m’amusais !