Gavrilo vit que Tchelkache riait, et il éprouva un soulagement. Il serra l’argent dans sa main.

— Frère ! me pardonneras-tu ? Tu ne veux pas ? Dis ? suppliait-il avec des larmes.

— Petit frère ! dit, en le contrefaisant, Tchelkache qui se dressait sur ses jambes chancelantes. Pourquoi te pardonner ? Il n’y a pas de quoi. Aujourd’hui c’est toi, demain ce sera moi…

— Ah ! frère, frère ! soupira douloureusement Gavrilo, en hochant la tête.

Tchelkache était debout devant lui et souriait étrangement ; le linge, sur sa tête, rougissant peu à peu, devenait semblable à un bonnet turc.

La pluie tombait à torrents. La mer se plaignait sourdement et les vagues battaient contre la plage, furieuses maintenant et courroucées.

Les deux hommes se taisaient.

— Adieu ! dit avec une froide ironie Tchelkache.

Il trébuchait, ses jambes tremblaient et il portait bizarrement sa tête comme s’il avait peur de la perdre.

— Pardon, frère ! dit encore une fois Gavrilo.