Ensuite, accroupi au bord de l’eau, il entreprit de se laver.

Puisant l’eau dans ses paumes réunies, il se la jetait au visage et se secouait, à cette sensation aiguë de fraîcheur. S’essuyant avec le rebord de sa blouse, il dit à Malva :

— Pourquoi veux-tu toujours m’effrayer ?

— Et toi, pourquoi me manges-tu des yeux ?

Iakov n’avait aucun souvenir de l’avoir plus regardée que les autres femmes de la pêcherie, mais maintenant il lui dit tout à coup :

— C’est que tu es si… appétissante.

— Si ton père apprend tes fredaines, il t’en donnera, de l’appétit !

Elle lui lança un regard provocant et malicieux. Iakov éclata de rire et grimpa dans la barque. Il ne savait pas de quelles fredaines elle parlait ; mais, puisqu’elle le disait, c’était donc qu’il l’avait poursuivie. Et il lui vint une subite gaieté à cette pensée.

— Que me fait le père ? dit-il, en la rejoignant sur le demi-pont de la barque. T’a-t-il achetée pour lui, enfin ?

Assis à côté d’elle, il considérait son épaule nue, sa poitrine à moitié découverte, toute sa personne fraîche et robuste, sentant la mer.