— Pourquoi ne me demandes-tu pas des nouvelles de Malva ?

— Qu’est-ce que cela peut me faire ? dit Vassili avec indifférence, bien qu’il frissonnât d’un secret pressentiment.

— Puisqu’elle n’est pas venue ici dimanche, tu devrais t’enquérir de ce qu’elle a fait. Je sais bien que tu es jaloux. Vieux diable !

— Il y en a beaucoup comme elle, dit Vassili négligemment.

— Beaucoup ? Vrai ? fit en l’imitant Serejka. Eh ! paysans abrutis ! Qu’on vous donne du miel ou du goudron, c’est tout un pour vous.

— Qu’as-tu, toi, à la vanter ? Es-tu venu me la proposer en mariage ? Mais il y a beau temps que je l’ai épousée tout seul ! dit avec ironie Vassili.

Serejka le regarda, se tut un moment, et puis commença de parler raisonnablement à Vassili en lui posant la main sur l’épaule.

— Je sais ça… Je sais très bien qu’elle est avec toi. Je ne te gênais pas… je ne le voulais pas et je n’en n’avais pas besoin. Mais maintenant, cet Iakov, ton fils, tourne tout le temps autour d’elle ; bats-le rouge, entends-tu ? Sinon, c’est moi qui le battrai… Tu es un robuste gaillard, bien qu’un fameux imbécile… Je ne t’ai pas gêné, moi, souviens-t’en.

— C’est donc ça ? Maintenant, toi aussi, tu te mets après elle ? demanda sourdement Vassili.

— Va, si j’en étais sûr moi-même, je vous aurais tous jetés hors de mon chemin, et voilà tout ! Mais qu’ai-je besoin d’elle ?