— Où ça ? demanda le soldat, laissant choir ses jambes du coffre, et pressentant quelque mauvais tour.

— Où tu voudras : contre le Turc ou contre l’Anglais…

— Comment faut-il comprendre cela ? cria avec colère le soldat.

— Ce que tu as à comprendre, c’est que je ne te garde pas une heure de plus. Monte, reçois ton dû, et, aux quatre vents, marche !

Le soldat avait eu jusqu’alors le sentiment de sa force et de l’embarras où était le patron, et cette nouvelle chassa les vapeurs du vin : il ne pouvait ne pas comprendre la difficulté qu’il aurait, avec sa connaissance du métier, à se trouver une place.

— Ça, tu mens ! dit-il avec angoisse en se levant.

— Va-t’en, va-t’en donc…

— M’en aller ?

— File !

— Cela veut dire que j’ai assez travaillé… Le soldat secoua la tête avec amertume. — Tu as sucé mon sang, tu l’as tout sucé et tu me chasses ! Bravo, c’est parfait !… Araignée !