Alors vient la Plate, la principale fourche du Missouri; elle prend sa source dans les mêmes chaînes des Montagnes Rocheuses, parcourt une étendue d’environ deux mille milles, et présente à son embouchure environ un mille de largeur, mais si peu de profondeur, qu’elle n’est pas navigable. Les deux Newahas entrent par le sud, la Petite-Plate par le nord; le Kanzas, par le sud, a un cours d’environ mille milles, navigable à une grande distance; l’Eau-bleue et trois autres petites rivières viennent du même côté. Du côté opposé viennent la Rivière-grande, large, profonde et navigable; les deux Charetons, la Bonne-femme et le Manitou. Au sud sont la Mine, la Salée et l’Osage, belle rivière et de grande importance, navigable jusqu’à six cents milles; vers sa source, ses eaux s’entrelacent avec celles de l’Arkansas. Trois autres, peu considérables, entrent du côté opposé, la Bourbeuse, la Houtre et le Cèdre. La Gasconnade est navigable à soixante-six milles; elle est importante, à cause de ses belles forêts de pins, qui pourvoient aux besoins de Saint-Louis et du pays adjacent. Avant d’arriver à cette ville, où le Missouri se décharge dans le Mississipi, on rencontre encore plusieurs autres rivières, telles que le Buffalo, le Saint-Jean, la Rivière-au-bois, le Bon-Homme, au sud, et la Charrette, la Femme, etc., au nord.
Je passe sous silence une infinité de petites rivières qui se déchargent immédiatement dans le Missouri: celles que je nomme suffiront pour donner une idée de l’immense volume d’eau que cette rivière charrie. Depuis ses sources jusqu’à l’embouchure de la Roche-jaune, elle a une étendue de huit cent quatre-vingts milles; depuis l’embouchure de la Roche-jaune jusqu’à sa jonction au Mississipi, deux mille deux cents milles.
Concluons de là quelle masse imposante d’eau doit offrir le Mississipi après sa jonction au Missouri. La plus grande fourche du haut Mississipi est la Rivière-Saint-Pierre, qui prend sa source dans les plaines du nord-ouest, et entre dans le grand fleuve en bas des chutes Saint-Antoine. Le Kaskaskias et la Rivière-des-Illinois le joignent ensuite après un cours de plusieurs centaines de milles. Vient alors le Missouri; puis l’Ohio, grand fleuve formé par la jonction de l’Alleghany et du Monongahela; la Rivière-blanche, qui parcourt une distance d’au delà de mille milles; plus bas l’Arkansas, qui descend des confins du Mexique. Le dernier grand tributaire du Mississipi est la Rivière-rouge, qui prend sa source dans le Mexique et parcourt une distance d’au delà de deux mille milles.
Le Père-des-eaux, après avoir ainsi rassemblé toutes les eaux d’une région d’un million trois cent mille milles carrés, a un lit de plusieurs milles de largeur et de plusieurs brasses de profondeur. Dans ses marées annuelles, en bas de l’Ohio, il se déborde et s’étend quelquefois de trente à quarante milles dans l’intérieur, couvrant, pour une partie de l’année, les prairies, les bas-fonds et les marais. Après la jonction de la Rivière-rouge, ce grand fleuve ne peut plus se contenir dans un seul lit; il se divise, et, comme le Nil, va se jeter dans l’Océan par différentes embouchures à une grande distance les unes des autres.
Un auteur récent, parlant des avantages que le Mississipi présente au commerce, fait la remarque suivante. Quatre berges peuvent partir des points les plus opposés de l’Amérique septentrionale: une du lac Chataque, dans l’Etat de New-York; une autre de l’intérieur de la Virginie; une troisième des lacs au Riz, où le Mississipi prend sa source principale, au 47ᵉ degré nord, et une quatrième des sources du Missouri aux Montagnes Rocheuses; et toutes se réuniront à l’embouchure de l’Ohio et descendront en compagnie jusqu’à l’Océan.
J’avais laissé la narration de mon voyage à l’endroit où, quittant la fourche nord de la Plate, nous traversâmes pendant deux jours des côtes arides pour arriver aux bords de l’Eau-sucrée. Mais il est temps de prendre un peu de repos. Aussi bien faut-il que je sois tout oreille pour entendre les bonnes nouvelles qu’on nous rapporte.
Fourches principales des grands tributaires du Missouri que j’ai vues et traversées dans mes différents voyages.
| Fourches du Jefferson.— | Tête au castor. Fourche du grand trou. L’eau qui pue. |
| Fourches de la Roche-jaune.— | Rivière à la foudre — à la langue. — bouton de rose. — grosse-corne. — à Clark. La Rocheuse. Rivière à travers. — à la loutre. — des 25 verges. — gallatine. — au vent. |
| Fourches de l’Osage.— | Grand os. Jungar. Palate. Grande fourche. |
| Fourches du Kansas.— | Rivière aux soldats. Waggère-roussé. Vermillon. Vermillon noir. Rivière malade. — aux couteaux. — de l’eau bleue. |
| Fourches de la Plate.— | La Corne. Rivière au loup. Gros-bois. Fourche du sud. Fourche du nord. Perche de loge. Rivière aux chevaux. Fourche la ramée. Eau-sucrée. |
| Branche de la fourche du nord qui se jette dans la Plate.— | Grande sableuse. Fer à cheval. Saint-Pierre. Rivière-rouge. Cotonnier. Kennion. Rivière aux chevreuils. Le Torrent. |