[Note 594: ][ (retour) ] Tiraboschi, ub. supr., p. 71.

[Note 595: ][ (retour) ] Script. Rer. ital., vol. XXI.

Les Visconti eurent à peu près dans le même temps, pour historien, un élève de Filelfo, que nous avons vu précédemment en querelle ouverte avec son maître. Né à Alexandrie de la Paille, il avait changé son nom de famille de' Merlani pour celui de Merula. Pendant presque toute sa vie, il enseigna les belles-lettres, tantôt à Venise et tantôt à Milan, où il mourut en 1494 [596]. Son Histoire des Visconti [597] ne s'étend que jusqu'à la mort de Mathieu, qu'en Italie on appelle le Grand. Le style en est pur et soigné, mais l'auteur a trop légèrement adopté les fables de quelques vieilles chroniques sur l'origine de cette famille. Il est aussi tombé dans un grand nombre de fautes et d'inexactitudes, qu'il faut attribuer au défaut absolu de titres et de monuments [598]. Mais ce n'est pas à cette histoire qu'il doit une place honorable dans la littérature de ce siècle; sa véritable gloire est d'avoir été l'un des restaurateurs les plus zélés et les plus savants de l'étude des anciens. Il fut le premier à publier ensemble les quatre auteurs latins sur l'agriculture, Caton, Varron, Columelle et Palladius [599], et le premier encore à donner une édition de Plaute [600]. Juvenal, Martial, Ausone, les Déclamations de Quintilien, parurent aussi, ou, la première fois, par ses soins, ou avec ses notes et ses commentaires. On lui doit de plus quelques traductions d'auteurs grecs et plusieurs Opuscules historiques, philologiques ou critiques. Son plus grand défaut fut l'orgueil littéraire, défaut très commun de son temps, peut-être même dans tous les temps; mais dans ce siècle surtout, siècle fécond en érudits, chacun d'eux voulait être le seul savant, voulait être regardé comme infaillible, s'emportait contre les moindres critiques, et provoquait les autres par des critiques amères. La fureur de Merula contre Filelfo n'était venue que pour un o employé au lieu d'un a [601]; il eut des querelles à peu près semblables avec l'auteur, aujourd'hui très-ignoré, d'un Traité de l'Homme [602]; avec l'érudit Domizio Calderini, qui avait osé le soupçonner de ne pas savoir parfaitement le grec, et surtout avec l'illustre Politien. Cette dernière dispute eut un éclat proportionné à la célébrité de l'adversaire. Elle ne se termina qu'à la mort de Merula, qui eut le mérite tardif de s'en repentir en mourant, de témoigner le désir d'une réconciliation sincère, et d'ordonner qu'on effaçât de ses ouvrages tout ce qu'il avait écrit contre Politien.

[Note 596: ][ (retour) ] Tiraboschi, ub. supr., p. 72.

[Note 597: ][ (retour) ] Georgii Merulœ Alexandrini antiquitates Vicecomitum, lib. X, in-fol., sans date ni nom de lieu (à Milan, dans les douze premières années du seizième siècle). Dissert. Voss., t. II, p. 74, réimprimées plusieurs fois.

[Note 598: ][ (retour) ] Tiraboschi, loc. cit.

[Note 599: ][ (retour) ] Venise, 1472, in-fol., avec des explications et des notes.

[Note 600: ][ (retour) ] Ibid., même année, in-fol.

[Note 601: ][ (retour) ] Voy. ci-dessus, p. 343, note.

[Note 602: ][ (retour) ] Galeotto Marzio.