[Note 793: ][ (retour) ] Ugo Benzi.
[Note 794: ][ (retour) ] Tiraboschi, loc. cit., p. 250 et 251.
Ce petit échec n'empêcha point que Paul de Venise ne passât toujours pour le docte des doctes, que sa logique ou sa dialectique ne servît de règle pendant sa vie, qu'elle ne fût imprimée après sa mort [795], et qu'encore, à la fin du siècle, elle ne fût lue publiquement dans l'Université de Padoue. On imprima aussi [796] ses commentaires sur plusieurs traités d'Aristote; sur la physique, la métaphysique, les livres du monde, du ciel, de la génération et de la corruption, des météores et de l'ame. Ces ouvrages, qui eurent alors tant de célébrité, ne doivent pas être fort rares; car on en fit en peu d'années plusieurs autres éditions. Ce qui est vraiment rare, c'est qu'on se donne la peine de les chercher, et qu'on ait le désir ou le courage de les lire.
[Note 795: ][ (retour) ] Ce fut un des premiers livres imprimés à Milan; il le fut en 1474.
[Note 796: ][ (retour) ] En 1476.
L'introduction de la philosophie grecque en Italie, fit beaucoup perdre de leur prix à ces restes de la philosophie des temps barbares. On connut enfin Aristote, non plus défiguré par les versions infidèles et les interprétations visionnaires d'Averroës et des autres Arabes, mais expliqué par des professeurs qui parlaient sa langue et qui avaient étudié sa philosophie, soit pour la professer, soit pour la combattre. On connut surtout le divin Platon; et si l'on apprit à se perdre avec lui dans des régions qu'on pourrait appeler ultra-intellectuelles, on y gagna du moins de substituer la contemplation du beau moral à la dissection minutieuse des opérations de l'intelligence, et l'élévation des sentiments aux vaines subtilités de l'esprit.
La jurisprudence était toujours, après la théologie, ce qui conduisait le plus sûrement aux distinctions, aux emplois et à la fortune [797]. Aussi le nombre des jurisconsultes semblait s'accroître de plus en plus. Les Universités se disputaient les plus célèbres, élevaient à l'envi leurs appointements, comme par une espèce d'enchère, et s'enorgueillissaient de les avoir, comme on triomphe après une victoire. On les voyait souvent passer de leurs chaires au conseil des princes, et devenir les oracles des cours. Les titres pompeux ne leur manquaient pas plus qu'aux philosophes; et si ces derniers étaient les monarques du savoir, les monarques des arts libéraux, les autres étaient aussi les monarques des lois, comme Christophe de Castiglione, conseiller de Jean-Marie Visconti, second duc de Milan; les monarques des jurisconsultes du temps, comme Raphaël Fulgose de Plaisance, et plusieurs autres.
[Note 797: ][ (retour) ] Tiraboschi, ub. supr., p. 371.
Jean d'Imola fut encore un de ces hommes à immense renommée; le nombre de ses élèves et leur fidélité en sont les preuves; quand il passa de l'Université de Padoue à celle de Ferrare, que le marquis Nicolas III venait de rouvrir [798], trois cents de ses écoliers le suivirent, et six cents autres vinrent de Bologne exprès pour l'entendre [799]. Ce Jean d'Imola eut un élève qui ne fut pas moins célèbre que son maître. Il était de la même ville, et quoique son nom fût Alexandre Tartagni, il ne fut connu que sous celui d'Alexandre d'Imola. Il a laissé des ouvrages très-volumineux sur le Code, le Digeste, les Décrétales, les Clémentines, etc. Outre plusieurs titres glorieux qui lui furent donnés selon l'usage du temps, il eut celui de Père de la Vérité. Il faut croire qu'il le mérita; mais il noya cette vérité dans de trop gros et trop inutiles volumes, pour qu'on puisse vérifier le fait. Le droit féodal (puisqu'on est convenu d'appeler ainsi un corps de lois qui blessent tous les droits de la propriété, de la justice et de la raison), le droit féodal eut un interprète, un ré-ordonnateur et un commentateur célèbre dans Antoine de Prato Vecchio, créé comte et conseiller de l'empire par l'empereur Sigismond, et dont on a imprimé plusieurs ouvrages [800].
[Note 798: ][ (retour) ] En 1402.