[Note 158: ][ (retour) ] Voy. Abrégé de l'Hist. ecc. etc. Voy. aussi Abrégé chronologique de l'Hist. ecclés. Paris, 1751, vol. II, même année.
La fin non moins déplorable du poëte astrologue, Cecco d'Ascoli, et les persécutions éprouvées par l'astrologue médecin Pierre d'Abano, ne détournaient point de l'étude de l'astrologie judiciaire. Un Génois, nommé Andalone del Nero, qui se rendit célèbre par ses connaissances en astronomie, et qui avait entrepris de longs voyages dans le seul dessein de les augmenter, s'égara, comme presque tous les astronomes le faisaient alors, dans les visions astrologiques. Boccace, qui avait pris de ses leçons à Naples, parle de lui avec de grands éloges dans son Traité de la Généalogie des Dieux, l'appelle son vénérable maître [159], et dit positivement qu'il doit avoir dans la science des astres la même autorité que Virgile dans la poésie et Cicéron dans l'éloquence. On a de lui un Traité latin de la composition de l'astrolabe, publié à Ferrare, en 1475. Nous avons en manuscrit, à la Bibliothèque impériale, un de ses Traités sur la sphère, la théorie des planètes, leurs équations, avec une introduction aux jugements astrologiques [160], qui n'a jamais été ni publié ni traduit.
[Note 159: ][ (retour) ] Liv. XV.
[Note 160: ][ (retour) ] Andalonis de Nigro Januensis Tractatus de sphœra, Theorica planetarum: Introductio ad judicia astrologica. Catal. des Manuscr., vol. IV, p. 333, n°. 7272.
Thomas de Pisan, autre astrologue, jouissait à Bologne d'une grande réputation lorsqu'il fut appelé à Paris par Charles V. Ce roi, qu'on appela le Sage, n'eut cependant pas la sagesse de se garantir des rêveries de l'astrologie judiciaire. Thomas fut traité à sa cour avec distinction, payé avec magnificence et créé conseiller du roi. Il avait prédit l'heure de sa propre mort, et fit à sa science l'honneur de mourir à l'heure qu'il avait fixée. C'est sa fille Christine de Pisan qui l'atteste dans l'histoire de Charles V, qu'elle a écrite en français [161]. Christine fut, comme on sait, un des prodiges de son siècle et de son sexe. Elle a laissé, outre cette histoire, le Trésor de la cité des dames [162], et quelques autres ouvrages français en prose et en vers [163]. Elle tient à l'Italie par sa naissance, et à la France par ses écrits.
[Note 161: ][ (retour) ] Voy. Mémoire de Boivin le cadet, dans le Recueil de l'Acad. des Inscript., t. II, p. 704. Cette histoire de Charles V a été publiée par l'abbé Lebeuf, Dissert. sur l'Hist. de Paris, t. III, p. 103.
[Note 162: ][ (retour) ] Imprimé à Paris en 1497.
[Note 163: ][ (retour) ] J'ai parlé du Trésor de la Cité des Dames, au sujet du jurisconsulte Giovonni d'Andrea et de sa fille Novella, t. II, de cet ouvrage, p. 300, note. Voy. le Mémoire de Boivin, ub. supr.
On l'a dit avec vérité,
Quand un roi veut le crime, il est trop obéi.