[Note 367: ][ (retour) ] De ordine docendi ac studendi ad Maffeum Gambaram Brixianum discipulum suum, sans nom de lieu et sans date. Il y en a eu une autre édition à Heidelberg, en 1489. Mafféi Verona illustr., t. II, p. 157.

[Note 368: ][ (retour) ] C'est du moins ce que dit Mafféi, loc. cit.; mais l'édition dont il parle est celle de Venise, 1471, avec une souscription en vers latins, où Guarino est nommé, et l'on en cite une de Rome, sans date, que les bibliographes prétendent être de l'année précédente, 1470. Voy. Debure, Bibl. instr., Belles-Lettres, t. I, p. 291.

[Note 369: ][ (retour) ] C'est ce qu'on peut voir par l'édition rare et précieuse que son fils Alexandre Guarino a donnée de ce poëte, Venise, 1521, in-4.

Il n'y eut peut-être jamais de plus grands rapports entre deux hommes qui courent la même carrière que ceux qu'on remarque entre Guarino de Vérone et Jean Aurispa [370]. Leur longue vie, le genre de leurs travaux, les vicissitudes qu'ils éprouvèrent ont une ressemblance frappante. Tous deux nés presque en même temps, tous deux professeurs de la même science et presque dans les mêmes villes, tous deux d'une ardeur infatigable pour la recherche des anciens manuscrits, Aurispa, pour dernier trait de sympathie, passa comme Guarino à Constantinople, uniquement pour apprendre le grec. Il était né un an avant lui, en 1369. La Sicile fut sa patrie, et sans doute il y resta pendant ses premières années. Ce ne fut que dans un âge mûr qu'il voyagea en Grèce. L'activité qu'il mit à y rechercher les anciens livres eut le plus heureux succès. À son retour en Italie, il rapporta à Venise deux cent trente manuscrits d'auteurs grecs, parmi lesquels on compte les poésies de Callimaque, de Pindare, d'Oppien, celles qu'on attribue à Orphée, toutes les Œuvres de Platon, de Proclus, de Plotin, de Xénophon; les histoires d'Arrien, de Dion, de Diodore de Sicile, de Procope et plusieurs autres qu'il rendit le premier aux lettres européennes. Il revint en Italie avec le jeune empereur grec Jean Paléologue, que, du vivant de son père, on appelait Calojean, à cause de sa beauté. Il était avec lui à Venise à la fin de 1423. Il l'accompagna dans plusieurs villes, et ne se sépara de lui que l'année suivante. Il se rendit ensuite à Bologne, où l'on désira l'attacher à l'Université comme professeur de langue grecque. Il resta un an dans cette ville, dont il trouva les habitants polis et d'un bon commerce, mais peu disposés à l'étude des belles-lettres [371]. On se rappelle cependant de quelle réputation jouissait l'Université de Bologne, et rien ne prouve mieux combien il y avait de différence entre des études littéraires et celles que l'on avait faites jusque-là dans les Universités, et que l'on y faisait encore.

[Note 370: ][ (retour) ] Tiraboschi, t. VI, part. II, p. 265.

[Note 371: ][ (retour) ] Tirabochi, t. VI, part. II, p. 268.

On désirait depuis quelque temps à Florence d'y attirer Jean Aurispa. On lui promettait un traitement plus avantageux, et des esprits mieux préparés à la culture des lettres. Il s'y rendit enfin; mais soit par l'effet de quelques brouilleries qui furent très-fréquentes parmi les littérateurs de ce temps, soit par tout autre motif, il y resta peu d'années, et passa de Florence à Ferrare, où le marquis Nicolas III le retint par ses bienfaits. Il y était encore en 1438, quand le concile de Bâle y fut transféré. Ce fut alors qu'il fut connu du pape Eugène IV, qui se l'attacha en qualité de secrétaire apostolique. Nicolas V le confirma dans cette place [372]. Il n'est pas étonnant qu'un pontife aussi ami des lettres s'occupât de la fortune d'un savant si distingué. Il lui accorda quelques bénéfices qui le mirent, pour le reste de sa vie, au-dessus du besoin. Devenu vieux, il désira quitter la cour romaine, et revenir à Ferrare, où il avait encore des amis. Il y retourna en effet en 1450, y vécut tranquille et honoré pendant dix ans, et mourut plus que nonagénaire, en 1460. Plusieurs traductions du grec en latin, quelques lettres et quelques poésies latines, sont aussi tout ce qui reste d'Aurispa. C'est à son long professorat, aux manuscrits précieux qu'il recueillit, qu'il expliqua, dont il répandit et multiplia les copies, en un mot, aux efforts constants qu'il fit pour seconder le mouvement général qui se portait alors vers l'étude des langues anciennes, qu'il dut, comme Guarino, sa juste célébrité.

[Note 372: ][ (retour) ] En 1447.

Gasparino Barzizza, autre célèbre professeur et orateur de ce temps, prit son nom du village de Barzizza, près de Bergame, où il était né en 1370. On croit qu'il fit ses études à Bergame, et qu'il y tint même ensuite une école particulière. Il professa ensuite publiquement les belles-lettres à Pavie, à Venise, à Padoue et à Milan. Il était dans cette dernière ville en 1418, lorsque le Pape Martin V y passa, en revenant du concile de Constance. Barzizza fut choisi pour le complimenter, et les deux Universités de Pavie et de Padoue ayant envoyé des orateurs auprès de ce pontife, ce fut encore lui qui fut chargé de rédiger les deux harangues. Il jouit le reste de sa vie de la faveur du duc Philippe-Marie Visconti et de la considération due à ses talents et à son savoir: il mourut à Milan vers la fin de 1430.

Les Œuvres latines qu'il a laissées ne sont pas ses seuls titres pour être compté parmi les restaurateurs des bonnes études et de l'élégante latinité: il l'est surtout, comme Aurispa et Guarino, pour son zèle à expliquer les anciens auteurs, et à déchiffrer les manuscrits dont la recherche occupait alors tous les savants. Ses épîtres forment pour nous autres Français une curiosité typographique. Quand deux docteurs de Sorbonne [373] eurent fait venir d'Allemagne à Paris, en 1469, trois ouvriers imprimeurs [374] qui dressèrent leurs presses dans une salle de cette maison, les lettres de Gasparino furent le premier produit de cet art, nouveau pour Paris et pour la France [375]. Tous ses ouvrages ont été recueillis et publiés dans le siècle dernier, avec ceux de son fils Guiniforte, par le cardinal Furietti [376]. Ce fils était né à Pavie, en 1406. Il n'eut pas la même réputation d'éloquence et d'élégance que son père, mais il fournit une carrière plus brillante. Il expliquait à Novarre les Offices de Cicéron et les comédies de Térence, lorsque des circonstances heureuses le firent connaître du roi Alphonse d'Aragon; admis à le haranguer à Barcelone, en 1432, il déploya tant d'éloquence, qu'Alphonse, enchanté de l'entendre, le nomma sur-le-champ son conseiller. Il accompagna ce monarque dans son expédition sur les côtes d'Afrique. Tombé malade en Sicile, il obtint la permission de retourner à Milan, sans rien perdre de la faveur du roi. Le duc Philippe-Marie lui accorda le titre de son vicaire-général; et, ce qui est digne de remarque, c'est que ce titre n'empêcha point Guiniforte d'accepter la chaire de philosophie morale qui lui fut offerte; il fut souvent interrompu, dans ses fonctions de professeur, par les ambassades dont le duc le chargea auprès du roi Alphonse et des papes Eugène IV et Nicolas V. Après la mort de Philippe-Marie, François Sforce lui ayant donné le titre de secrétaire ducal, il passa tranquillement dans cet emploi le reste de sa vie. On croit qu'il mourut vers la fin de 1459. Ses lettres et ses harangues, publiées avec les œuvres de son père, se sentent de même du commerce et de l'étude assidue des anciens.