[Note 396: ][ (retour) ] De temporibus suis, l. II, Venise, 1475 et 1485; Lyon, 1539, etc.

[Note 397: ][ (retour) ] De bello italico adversus Gothos gesto, l. IV; Fulginii (Foligno), 1470, in-fol., Venise, 1471; Commentarium rerum Græcarum, Lyon, 1539; Leipsick, 1546, etc.

[Note 398: ][ (retour) ] La Vie de Pétrarque fut publiée pour la première fois par Tomasini, Petrarcha redivivus, 2e. édition, Padoue, 1650, in-4., p. 207; elle fut réimprimée avec celle du Dante, d'après un manuscrit de la bibliothèque de Cinelli, Pérouse, 1671, in-12. On les trouve l'une et l'autre en tête de quelques éditions du Dante et de Pétrarque.

[Note 399: ][ (retour) ] La première fois en 1472, in-fol., sans nom de lieu, mais à Brescia, par Antoine Moret, de cette ville, et Hiéronyme d'Alexandrie, et non en 1493, comme le dit Niceron, ou en 1495, comme l'a écrit Maittaire, Annal. Typ., t. I. Cette dernière édition est une réimpression de celle de 1472. La meilleure est celle que l'abbé Mehus a donnée à Florence, 1741, 2 vol. in-8.; il y a joint une Vie de Leonardo, une préface et des notes. On y trouve de plus deux nouveaux livres de Lettres, jusqu'alors inédites, ajoutés aux huit livres que contiennent les anciennes éditions, et cinq lettres aussi inédites, adressées au concile de Bâle, au nom du peuple Florentin.

[Note 400: ][ (retour) ] Tiraboschi, t. VI, part. II, p. 38.

Poggio Bracciolini, connu en France sous le nom de Pogge, et qui ne l'est guère que comme auteur d'un recueil de bons mots et de facéties licencieuses, est un personnage très-grave, d'une grande autorité dans les lettres, et l'un de ceux qui leur rendirent à cette époque les services les plus signalés. Il naquit en 1380 [401], d'une famille pauvre [402], au château de Terranuova, dans le territoire d'Arezzo. Instruit, comme la plupart des savants ses contemporains, dans les lettres latines par Jean de Ravenne, et dans les lettres grecques par Emmanuel Chrysoloras, il alla dans sa jeunesse à Rome pour y chercher fortune. Il fut en effet nommé, en 1402, rédacteur des lettres pontificales, emploi qu'il conserva pendant plus de cinquante années, mais qui ne l'obligea point à résider à Rome. Il est vrai que les appointements en étaient si modiques qu'il était souvent obligé d'y suppléer par des travaux particuliers pour fournir aux dépenses les plus nécessaires. Hors d'état, par son peu d'aisance, de chercher la dissipation et le plaisir, il n'avait de ressource contre l'ennui, comme contre le besoin, que le travail, l'étude et la société d'hommes distingués par leur savoir, dont la conversation ne pouvait que développer encore les qualités de son esprit. Innocent VII ayant succédé à Boniface IX, son premier protecteur, Poggio trouva la même faveur auprès de lui, et s'en servit pour donner des preuves solides d'amitié à Leonardo Bruni, qui avait été à Florence le compagnon des études et des plaisirs de sa jeunesse. Ce furent les témoignages qu'il rendit de lui et le soin qu'il prit de le faire valoir en communiquant ses lettres, qui déterminèrent le pape à appeler ce savant à sa cour, et à l'y fixer. Les deux amis furent exposés aux mêmes vicissitudes pendant le pontificat orageux d'Innocent VII. Sous celui de Grégoire XII, ils se séparèrent sans se désunir. Leonardo resta auprès du pape; Poggio alla chercher le repos à Florence. Il reprit sous Nicolas V ses fonctions de secrétaire apostolique, et se rendit, avec Jean XXIII, au concile de Constance. Après la fuite et la déposition de ce pape, il eut une occasion solennelle de faire briller son éloquence et sa gratitude pour l'un de ses premiers maîtres. Chrysoloras, qui assistait au concile, y mourut. Poggio composa son épitaphe [403], et prononça son oraison funèbre dans la cérémonie de ses obsèques.

[Note 401: ][ (retour) ] Giamb. Recanati, dans sa Vie de Poggio, en tête de l'édition qu'il donna en 1715, à Venise, de l'Histoire de Florence de cet auteur, publiée alors en latin pour la première fois. Tiraboschi, ub. supr.; M. William Shepher; Life of Poggio Bracciolini, etc. Ce dernier ouvrage publié à Londres, en 1802, in-4., et qui n'a pas été traduit en français, m'a fourni des additions considérables à la vie de Poggio telle que je l'avais faite d'abord. Je ne crains pas qu'on m'en fasse un reproche, non plus que de l'étendue que j'ai donnée à la Vie de Filelfo qui va suivre. Ces deux savants, et tous ceux mêmes qui sont l'objet de ce chapitre, ne sont rien pour la littérature italienne proprement dite, mais ils sont d'une grande importance pour la littérature de l'Italie et pour celle de l'Europe entière.

[Note 402: ][ (retour) ] Son père se nommait Guccio Bracciolini; ce prénom est un diminutif, à la manière florentine, de Arrigo, Henri; Arrigo, Arrighetto, ou Arriguccio, Guccio.

[Note 403: ][ (retour) ] Voici cette épitaphe, telle qu'elle est rapportée par Hody, De Græc. ill., p. 23.

Hic est Emanuel situs,
Sermonis decus Attici:
Qui dum quarere opem patriæ
Afflictæ studeret, huc iit.
Res belle cecidit fuis
Votis, Italia; hic tibi
Linguæ restituit decus
Atticæ, ante recondite.
Res belle cecidit tuis
Votis, Emanuel; solo
Consecutus in Italo
Æternum decus es, tibi
Quale Græcia non dedit,
Bella perdita Græcia
.

Il fit alors aux environs de Constance quelques voyages bien intéressants pour les lettres. Sachant que d'anciens manuscrits y étaient répandus dans différents monastères et dans d'autres dépôts où on les laissait périr, il résolut de retirer ces restes précieux des mains de leurs ignorants possesseurs. Ni la rigueur de la saison, ni le délabrement des routes ne purent l'arrêter, et il fit, avec une persévérance qu'on ne saurait trop louer, diverses excursions qui ne furent pas sans fruit. Un grand nombre de manuscrits, dont plusieurs contenaient des ouvrages d'auteurs classiques que les admirateurs des anciens avaient cherchés en vain jusqu'alors, furent le prix de son zèle. Sa principale expédition fut à l'abbaye de Saint-Gal, qui est à vingt milles de Constance. Il y trouva un Quintilien, le premier qu'on ait découvert tout entier, mais souillé d'ordures et de poussière. Il trouva aussi les trois premiers livres et la moitié du quatrième de l'Argonautique de Valérius Flaccus; Asconius Pédianus, sur huit discours de Cicéron; un ouvrage de Luctance [404]; l'Architecture de Vitruve et Priscien le grammairien, tous réduits au même état et menacés d'une destruction prochaine. Ces manuscrits précieux n'étaient point placés avec honneur dans une bibliothèque, mais comme ensevelis dans une espèce de cachot obscur et humide; au fond d'une tour où l'on n'aurait même pas, selon l'expression de Poggio lui-même [405], voulu jeter des criminels condamnés à mort. «Je crois fermement, ajoute-t-il, que si l'on cherchait dans tous les cachots de cette espèce où ces barbares tiennent cachés de si grands écrivains, on ne serait pas moins heureux, à l'égard d'un grand nombre d'autres livres qu'on n'espère plus retrouver.» Ceci nous offre encore un exemple du soin que les moines ont pris de conserver les trésors de l'antiquité savante, et peut servir à mesurer le degré de reconnaissance qu'on leur doit.