[Note 474: ][ (retour) ] Fr. Philelphi orationes cum quibusdam aliis ejusdem Opusculis. Milan, 1481, in-fol., édition très-rare, faite sous les yeux de l'auteur. Debure, Bibl. instr. Belles-Lettr., t. II, p. 275, ne cite que la réimpression de 1492.
[Note 475: ][ (retour) ] Ad Jacobum Anton. Marcellum, patricium Venetum, et equitem auratum, de obitu Valerii filii, consolatio. Rome, 1475, in-fol. Marcello fut si content de cet ouvrage, qu'il envoya à l'auteur un bassin d'argent d'un travail admirable, du poids de plus de sept livres, et qui valait plus de cent sequins; ce qui paraîtra plus étonnant, c'est que Filelfo, lorsqu'il l'eut reçu, ne voulut pas qu'il passât dans sa maison plus d'une nuit, le porta dès le lendemain matin chez le duc de Milan, et lui en fit don devant tout son conseil. Franc. Philelphi Epist. liv. XVIII, p. 127.
J'ai parlé de ses satires, où, en se permettant une licence effrénée, il se donna les singulières entraves d'un nombre fixe de dix décades, chaque décade composée de dix satires, et chaque satire de cent vers, en tout dix mille vers, pas un de plus, pas un de moins [476]. Il voulait en faire autant de ses odes, les diviser en dix livres, donner au premier livre le nom d'Apollon, aux neuf autres, ceux des neuf Muses, comme Hérodote aux livres de son histoire, et composer chaque livre de dix odes et de cent vers. Il n'en put achever que cinq livres; mais il s'astreignit rigoureusement à ce plan [477]. Il voulut s'y soumettre encore dans des jeux d'imagination, dans une suite d'épigrammes, les unes graves, les autres badines, et plus souvent encore licencieuses. De jocis et seriis en était le titre; dix mille vers partagés en dix livres, étaient le nombre prescrit. Il acheva cette tâche symétrique, mais il ne la publia point. L'auteur récent de sa vie a tiré du manuscrit [478], et a publié dans les Monuments inédits de ses trois volumes, presque tout ce qui en valait la peine, et tout ce que la décence lui a permis. On lui a encore une plus grande obligation pour la publicité qu'il a donnée à un très-grand nombre de lettres de Filelfo, jusqu'à présent inédites; jointes aux trente-sept livres d'épîtres familières, imprimées précédemment [479], elles laissent peu d'obscurités sur la vie de cet homme extraordinaire, et dissipent bien des nuages sur des circonstances importantes de l'histoire de son temps.
[Note 476: ][ (retour) ] Voy. ci-dessus, p. 332, les éditions de ces Satires.
[Note 477: ][ (retour) ] Odæ et Carmina, 1497, in-4., sans nom de lieu, mais à Brescia. Filelfo avait aussi composé trois livres d'odes et d'élégies grecques; elles sont restées inédites à Florence, dans la bibliothèque Laurentienne.
[Note 478: ][ (retour) ] Ce manuscrit est à Milan, dans la bibliothèque Ambroisienne; mais tout le premier livre, et une partie du dixième et dernier, manquent à cet exemplaire, que l'on croit unique.
[Note 479: ][ (retour) ] La première édition, qui ne contient que seize livres, est in-fol., sans nom de lieu et sans date: on la croit de Venise, 1475; la seconde a vingt-un livres de plus; Venise, 1502, in-fol. Je n'ai point fait entrer en ligne de compte, parmi les Œuvres de Filelfo, son poëme italien en quarante-huit chants et en terza rima, sur la Vie de S. Jean-Baptiste, Vita di S. Giovanni Battista, Milan, 1494, édition unique, et qui n'a de prix que sa rareté; je n'y ai point non plus fait entrer son Commentaire sur le Canzoniere de Pétrarque, imprimé pour la première fois à Bologne, 1476, parce qu'il est plein d'explications extravagantes, de traits injurieux contre Pétrarque, contre Laure, contre les papes, contre les Médicis, qui n'avaient rien de commun avec Pétrarque; parce qu'enfin c'est un fort mauvais Commentaire, dont l'auteur lui-même faisait presque aussi peu de cas qu'il le mérite. Voy. Vita di Filelfo, t. II, p. 15, note 1.
Le style de Filelfo, dans ses vers latins comme dans sa prose, ne vaut pas celui de Poggio; il approche moins de l'élégance et de la pureté des bons modèles; mais il a peut-être plus de force et plus de chaleur. Il méprisa comme lui, et comme tous ces savants du quinzième siècle, la langue italienne, la langue du Dante, de Pétrarque, de Boccace et de Villani. Mais de tout ce qu'il essaya d'écrire en cette langue, si inculte sous sa plume, quoique déjà si cultivée, son Commentaire sur Pétrarque est ce qui prouve le mieux que s'il la méprisait, c'est qu'il ne la connaissait pas.
Laurent Valla, qui paraît le dernier de ces célèbres philologues, peut être placé après Poggio et Filelfo, comme leur égal en réputation, en savoir, et malheureusement aussi en dispositions querelleuses, et en violence d'humeur. Il était fils d'un docteur en droit civil, et naquit à Rome à la fin du quatorzième siècle; il y fit ses études, et y resta jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans. Il se rendit alors à Plaisance, d'où sa famille était originaire, pour recueillir un héritage. Les troubles qui survinrent à Rome après l'élection d'Eugène IV, l'empêchèrent d'y retourner. Il fut fait professeur d'éloquence dans l'université de Pavie, mais il n'y fut pas long-temps tranquille: il se fit de mauvaises affaires, l'une qu'il a toujours niée, et qui ne serait rien moins qu'un faux, commis pour l'acquit d'une dette, et qui lui aurait attiré une peine infamante; l'autre, qu'il accuse d'exagération seulement, et qui eut pour cause les plaisanteries amères qu'il se permettait sur le célèbre Barthole, alors professeur en droit dans la même université. Ces plaisanteries, quoiqu'elles n'eussent pour objet que le style barbare dont se servait ce fameux jurisconsulte, mirent ses disciples dans une telle fureur contre Valla, qu'ils l'auraient mis en pièces, si on ne l'eût arraché de leurs mains. Il resta cependant à Pavie, jusqu'au moment où la peste y fit de si grands ravages, que l'université entière fut dispersée [480].
[Note 480: ][ (retour) ] 1431.