La mission dont le Bison Noir chargeait le jeune homme était celle de parlementaire.
Escorté de Sheen-Buck, qui parlait tous les dialectes indiens, le fiancé de Madeleine s’avança donc à la rencontre des Comanches sans avoir mis aucun signe de paix ou de guerre au canon de sa carabine. Il ne fallait point avoir l’air de suspecter les intentions des Comanches, afin de ne leur fournir aucun prétexte à ouvrir les hostilités.
Pour mieux prouver sa confiance, Georges rejeta sa carabine sur son dos et salua en soulevant, son chapeau dès qu’il se trouva à portée de la voix.
Trois Indiens se détachèrent du gros, de la troupe et rendirent le salut en étendant les mains en avant.
Alors Georges parla à voix claire, se servant de la langue anglaise.
— Gentlemen, demanda-t-il, est-ce nous que vous cherchez et avez-vous l’intention de faire route avec nous ?
Celui qui paraissait le chef répondit en fort mauvais anglais :
— C’est vous que nous cherchons, mais non pour cheminer avec vous. La prairie est large, et les hommes de cœur ne font pas leur compagnie des brigands.
— Qui appelez-vous brigands ? demanda Vernant, très calme.
— Ceux qui ne craignent pas d’entrer sur les terres des hommes libres pendant leur absence pour y poursuivre le gibier qui ne saurait leur appartenir.