Les cinq cents Comanches se ruèrent, la lance en avant sur les Sioux.
Une effroyable décharge les accueillit.
Cent quatre-vingts carabines avaient fait feu en même temps, renversant soixante cavaliers au moins.
Et, tout aussitôt, l’angle se rompant, les deux ailes des Sioux passèrent à toute bride sur le flanc de la colonne ennemie qu’elles fusillèrent à bout portant.
Tout cela s’était accompli avec la rapidité de la foudre. Une centaine des féroces cavaliers étaient tombés morts ou blessés, sans avoir même pu joindre leurs adversaires.
Les Comanches, déconcertés par cette tactique inconnue, se divisèrent à leur tour en deux colonnes de deux cents hommes environ et, chargeant en ligne de deux côtés à la fois, ripostèrent avec les flèches et le plomb.
Cette riposte fut meurtrière pour les Sioux dont une vingtaine tombèrent, plus ou moins grièvement atteints.
Wagha-na comprit le danger qu’il y aurait à laisser les Comanches multiplier les tentatives de ce genre.
Il réunit donc sous sa main les trente-cinq compagnons qu’il avait emmenés de Dogherty, les massant en une seule colonne derrière laquelle vint se ranger le chef Sioux avec ses meilleurs cavaliers, tandis que les autres se formaient en ailes développées. Et sur un commandement du Bison Noir, tout l’escadron fondit, bride abattue, sur les Comanches.
A cinquante mètres, le premier groupe s’ouvrit et fit feu.