C’était une amende honorable, une loyale confession.
Le Bison Noir s’avança vers le jeune homme et lui posa sa main droite sur le front.
— Chinga-Roa a réparé sa faute, dit-il gravement. Il vient de parler comme devraient le faire tous les hommes de la race Rouge. Qu’il se souvienne de ce jour. Je ne l’oublierai pas.
La réconciliation ainsi faite, Wagha-na emmena l’impétueux Sioux sous sa tente.
— Combien as-tu perdu d’hommes ? demanda-t-il en attachant son œil d’aigle sur les yeux troublés de Chinga-Roa.
Le Renard avisé baissa le front, confus, en balbutiant :
— Les Comanches sont les plus lâches des hommes. Ils sont revenus en forces quand ils nous ont vus peu nombreux.
Le Pawnie renouvela sa question.
— Dix-sept des nôtres sont morts, avoua-t-il, mais nous avons mis en fuite les Comanches.
Un soupir gonfla la poitrine du Bison Noir. Mais il n’ajouta aucun reproche à ceux qu’il avait déjà adressés. Il avait d’autres soucis.