Brusquement une rumeur sourde s’éleva aux abords du camp, et une nuée de flèches passa en sifflant.
Elle vint s’abattre à peu près à la même portée que les précédentes. Quelques-unes néanmoins dépassèrent cette portée. L’une d’elles troua une tente, une autre, plus efficace encore, cloua au sol le bras d’un des Sioux.
Mais, en même temps, une dizaine de balles déchirèrent les toiles du campement. Deux Sioux furent assez grièvement blessés aux jambes. L’ennemi, convaincu que ses adversaires étaient couchés, avait tiré au ras du sol.
L’attaque avait été générale, sauf du côté d’où les balles étaient venues.
Un coup de sifflet donna le signal de la riposte.
Celle-ci fut terrible.
Soixante coups de feu éclatèrent simultanément et tout aussitôt la plaine s’emplit de cris et de gémissements.
La décharge avait porté sur tous les points. Les tireurs avaient dirigé leur feu en éventail, et l’ennemi imprudent venait d’être fauché par cette foudroyante réplique. Ils avaient cru surprendre ; c’étaient eux qui étaient surpris.
Alors Joë O’Connor s’avança, porteur de la boîte que lui avait confiée Wagha-na. Sur l’ordre de celui-ci, les quatre pelotons se rassemblèrent, et la réserve sortit à son tour, l’arme chargée, prête à donner au commandement.
Dans la plaine, des bruits divers se faisaient entendre. On percevait des renâclements et des cliquetis de sabots de cheval.