Le Comanche applaudit férocement à ce projet et, tout de suite, on arrêta le plan de campagne.
Il consistait, pour Pitch et Schulmann, à se porter en avant sur la route qu’allaient suivre les Sioux, d’y dresser une embuscade puis d’attendre leur passage pour fondre inopinément sur la colonne au moment où l’escorte de Madeleine se montrerait sur le chemin.
Pour ce faire, on sacrifierait au besoin vingt hommes. Mais les plus robustes des agresseurs pousseraient droit à la jeune fille, s’en empareraient et fuiraient à toute vitesse en l’emportant.
Le problème offrait une première difficulté à résoudre.
Quel pourrait être le chemin suivi par les Sioux ?
On ne le saurait qu’en les épiant à distance et de manière à ne point se laisser surprendre.
Ce fut alors qu’Ulphilas se ressouvînt de Léopold Sourbin et forma l’audacieux projet de se mettre à tout prix en rapports avec lui. Bizarre coïncidence ! A la même heure, Sourbin regrettait l’absence de ses complices.
C’est une superstition populaire chez bien des peuples qu’un désir mutuel véhément suffit à rapprocher des êtres éloignés.
En cette circonstance, les adeptes de cette croyance auraient pu triompher à leur aise.
Il arriva qu’au matin qui suivit cette nuit troublée, Léopold Sourbin qui marchait à l’arrière-garde de la troupe et un peu en arrière, entendit brusquement une flèche siffler à son oreille. La flèche vint se planter à deux mètres de lui et le Français crut remarquer une tache blanche sur cette flèche.