Hésitant d’abord, il obéit cependant à la curiosité qui l’entraînait.
Il se baissa, retira le projectile du sol et constata, non sans stupeur, qu’un morceau de papier y était enroulé.
Il le déroula et y lut cet avis qui le fit tressaillir, écrit en langue anglaise.
— Si M. L. Sourbin oublie ses amis, ses amis ne l’oublient. Ils se tiennent près lui.
Et c’était signé : Ulphilas Pitch.
Léopold promena autour de lui un regard furtif afin de s’assurer que personne parmi ses compagnons de route n’avait surpris son action.
Les Sioux galopaient au loin sans s’occuper autrement des faits et gestes du Français.
Par contre il sembla à celui-ci que les arbustes bas qui, à sa droite, surgissaient sur la plaine, avaient eu de bizarres mouvements qu’on ne pouvait expliquer par le passage du vent à travers les branches.
Un petit bois de bouleaux et de sapins était à proximité. Sans hésiter, il poussa sa course de ce côté.
Il avait deviné juste. Ulphilas et Schulmann, opérant cette fois avec une habileté merveilleuse, l’avaient épié et suivi. Ils le rejoignirent sous le couvert du bois. L’entretien fut bref, mais concluant.