Wagha-na interpella vivement le jeune homme.

— Allons, monsieur Sourbin, lui dit-il le moment est venu de prouver l’attachement dont vous vous êtes vanté pour votre cousine : C’est la seule manière d’obtenir ce que vous sollicitez.

L’étonnement de Léopold parut croître. Il demanda d’une voix tremblante.

— Je suis prêt à tout pour la sauver. Mais que me faut-il faire ? Enseignez-le-moi.

Alors, sans arrêter sa course à travers l’étroit défilé, l’Indien exposa son plan.

— Le rapt a été accompli à l’instigation des deux coquins que vous connaissez. Cela est hors de doute. N’essayez pas de le nier ; vous perdriez votre temps. Mieux vaut pour vos intérêts même leur arracher votre cousine dont ils veulent sans doute se faire un otage contre vous-même et contre nous.

Et, comme Léopold, ébranlé par ce raisonnement fort simple, se prêtait sincèrement à un projet de délivrance, le Pawnie lui fit comprendre le rôle qu’il aurait à tenir pour la réussite de ce projet.

— Les misérables ont une grande avance sur nous. Mais il est certain qu’ils ne peuvent s’éloigner beaucoup, s’ils désirent se mettre en relations avec nous. Car leur tentative serait sans utilité s’ils n’avaient votre concours.

Or, il s’agit pour vous de les rejoindre, de vous laisser prendre au besoin. Nous ne vous perdrons pas de vue. Vous nous tiendrez au courant de votre passage eh laissant une trace dans tous les lieux où vous camperez.

— Quelle trace ? questionna le Français, un peu inquiet de la précision de ces paroles.