Wagha-na se fit encore plus précis.

— Un indice tel que vos compagnons ne puissent le remarquer, ni en pénétrer le sens.

Il tira du sac de peau qui pendait à son épaule une poignée de petites baies rougeâtres qu’il versa dans la poche de Sourbin.

— Voici, dit-il, les graines d’une plante totalement inconnue dans nos régions. Elle vient du Brésil. Dès que vous aurez rejoint les Comanches et leurs complices, vous laisserez tomber, une de ces graines sur le sol de dix en dix mètres. Elles nous serviront de points de repère.

— Quoi ! s’écria Léopold, vous pourrez retrouver sur le sol d’aussi invisibles vestiges ?

— Ne vous inquiétez point de cela, répliqua l’Indien. Nous avons de bons yeux.

Pour la première fois, depuis que Sourbin était son hôte, le Bison Noir lui tendit la main.

— Allons ! dit-il d’une voix émue, il n’y a pas une minute à perdre. Hâtez-vous, et que Dieu vous garde !

— Je ferai de mon mieux, répliqua le cousin de Madeleine d’une voix mal assurée, mais avec une réelle sincérité.

Et, touchant légèrement sa bête, il s’élança dans le chemin étroit qu’avaient pris avant lui les ravisseurs.