Madeleine en l’écoutant sentait son cœur se serrer et avait l’appréhension de menaces suspendues sur sa tête.
Elle comprenait que cet homme raillait sa détresse.
Pourtant, elle risqua encore une interrogation.
— Puisque vous me voulez tant de bien, Monsieur, veuillez m’expliquer pourquoi vous avez pris soin de me lier les jambes ?
Un gros rire, cette fois, se fit jour à travers la barbe fauve de Gisber Schulmann.
A son tour l’Allemand parla et voulut se montrer spirituel.
— Cela, Mademoiselle, dit-il en un français d’intonation particulière, est une simple précaution que nous avons prise pour le cas où vous chercheriez à vous dérober à notre sollicitude, ce qui serait imprudent, étant donné l’état de faiblesse où vous vous trouvez.
Madeleine n’eut pas besoin d’en entendre davantage.
Ce persiflage continu avait suffi à l’éclairer.
Elle sourit dédaigneusement et, regardant les deux coquins bien en face.