A peine le guerrier Comanche, escorté de Pitch et de Sourbin eut-il débouché dans la prairie, que deux autres cavaliers sortirent du couvert, emportés par un galop furieux.

Ceux-là, il était impossible de ne les point reconnaître. Ni Pitch, ni Sourbin ne se trompèrent en les apercevant.

L’un des cavaliers était Georges Vernant, l’autre Wagha-na en personne.

Et derrière eux, deux autres encore apparaissaient, Joë O’Connor et Sheen-Buck, suivis à leur tour par une dizaine des compagnons ordinaires du Bison Noir.

La chasse se donnait en plaine cette fois. C’était à qui gagnerait de vitesse.

Mais, de l’autre côté, l’Ours Gris se montrait, suivi d’une quinzaine de ses plus braves guerriers. Parmi eux se dissimulait du mieux qu’il pouvait l’Allemand Gisber Schulmann.

Pitch sentit son cœur se serrer. Il ne tenait pas absolument à une rencontre.

Et comme il passait à côté de Léopold, il ne put s’empêcher de lui dire, toujours courant :

— Décidément, monsieur Sourbin, il va y avoir bataille. Si vous m’en croyez, gagnons de vitesse. L’occasion peut se retrouver et la vie vaut mieux que l’argent. Je ne me soucie pas de laisser la mienne en ce triste pays.

Il jeta les yeux autour de lui, et ce regard circulaire ne fit que confirmer ses légitimes appréhensions.