— Rends-toi, ou je fais feu !

Et il vit Georges debout sur les étriers, épaulant rapidement sa carabine.

En même temps, Madeleine, par un effort désespéré, se redressa et appela :

— A moi, Georges, à moi !

L’Indien se pencha sur sa prisonnière, et, se retournant sur sa selle avec une prodigieuse adresse, présenta la jeune fille à la carabine déjà couchée en joue.

Vernant redressa l’arme avec un rugissement de rage. C’eût été folie que d’essayer de tirer en une aussi difficile position. Il pouvait tuer la jeune fille en essayant de frapper le ravisseur.

Alors, se penchant sur l’encolure du cheval, il le flatta de la paume, en prononçant de douces paroles, ainsi que le faisait Wagha-na lui-même.

Hips comprit-il ce langage ? Il est certain que l’intelligence assez restreinte du cheval acquiert, dans ses relations avec son cavalier habituel, un accroissement de facultés qui peut paraître invraisemblable à ceux qui ne connaissent que superficiellement les qualités du généreux animal.

En cette circonstance, le coursier que montait Georges Vernant parut, selon l’expression du poète « se conformer » à la pensée de son cavalier. Changeant brusquement d’allure, comme s’il eût deviné que son rival le mustang devait être battu par le fond plus encore que par la vitesse, il prit un trot allongé, aussi soutenu qu’un galop de course, et fonça obliquement sur le Comanche.

De l’autre côté, Gola, calquant ses mouvements sur ceux de Hips, prit comme lui une course oblique de manière à enfermer l’Indien et Sourbin dans un angle aigu.