— Ça, voyez-vous, Monsieur, ça ne se trouve pas sous les pieds d’un mustang, excepté quand quelqu’un l’y jette, comme aujourd’hui. Il ne faut donc pas le laisser traîner.

Sioux et Comanches échangèrent les présents de l’amitié. Wagha-na tira des fontes l’un des magnifiques revolvers qu’il y avait laissés et le donna à l’Ours Gris avec six paquets de cartouches.

— Voilà le premier cadeau du père à son fils, lui dit-il.

Brusquement son front se rembrunit, ses sourcils se froncèrent.

— Qu’avez-vous fait des deux Yankees qui étaient avec vous ? demanda-t-il presque durement.

Dans les deux camps, on se regarda avec inquiétude et stupéfaction.

C’était vrai, pourtant. On les avait oubliés, ceux-là.

Mais, si les sauvages les avaient négligés, Pitch et Schulmann ne s’étaient point négligés eux-mêmes.

Dès qu’ils avaient vu les chances du combat singulier tourner en faveur du Bison Noir, ils jugèrent, avec raison, que les choses se gâtaient pour eux. Sans en attendre l’issue définitive, ils allèrent tranquillement se ranger derrière les rangs des Comanches. Puis, profitant de l’inattention générale, ils gagnèrent un bouquet d’arbres qui masquait entièrement leur manœuvre.

Il faut croire qu’au moment où Wagha-na se souvint d’eux ils étaient déjà loin, car les cavaliers des deux camps eurent beau fouiller du regard l’horizon et fournir un temps de galop, pour les découvrir dans la plaine, les deux aventuriers demeurèrent introuvables.