La lutte contre la maladie vigoureusement engagée, et prise à ses débuts, celle-ci fut heureusement enrayée.
Huit jours entiers, toutefois, la crainte hanta tous les cœurs.
Il n’était point, en effet, un seul des sauvages compagnons du Pawnie qui n’aimât cette belle et douce enfant dont les mains étaient toujours ouvertes pour une bonne action à accomplir.
Chaque matin, au lever du jour, Chinga-Roa, ou l’un de ses guerriers, venait s’asseoir silencieusement à l’entrée de la tente et, malgré le froid, chaque jour plus vif, de l’automne, attendait là, sans bouger, la sortie de Wagha-na ou de Georges pour prendre des nouvelles de la malade.
Ce fut avec une longue et bruyante joie que l’on apprit enfin que tout danger était conjuré.
Bientôt, la malade tint à confirmer elle-même la bonne nouvelle.
On la redressa sur sa couche, on l’adossa à un haut oreiller de laine et d’herbes fraîches, afin qu’elle fût plus à l’aise pour recevoir ses visiteurs. Alors, groupe par groupe, les Sioux entrèrent sous la tente et reçurent les premières paroles de la convalescente.
— Merci, mes amis, leur disait-elle avec un pâle sourire de ses lèvres décolorées, merci de votre sollicitude. Vous êtes tous bons, et je vous aime tous autant que vous m’aimez.
Elle disait cela d’une voix éteinte, brisée par la fièvre, et les farouches guerriers demeuraient silencieux. Beaucoup pleuraient comme des enfants à la vue de cette belle jeune fille devenue si blanche qu’elle en était presque transparente, à la vue de cette tête charmante que d’impitoyables ciseaux avaient dépouillée de sa longue et, luxuriante chevelure. Plusieurs tombaient à genoux devant elle et baisaient ses mains ; d’autres prosternés comme devant une sainte, cachaient leurs fronts dans les plis des couvertures étendues sur ses pieds.
Il n’était pas jusqu’à Léopold Sourbin qui n’eût subi une réelle transformation.