— Well, well ! criait-il, piquez, piquez ferme ! All is lost !

Oui, tout était perdu, si l’on ne gagnait pas, avant de subir le choc du troupeau, la bande verdoyante des sapins que l’on voyait couper le ciel à moitié d’un demi-mille maintenant.

Tout à coup, en avant du gros de la troupe, une avant-garde surgit, à peine séparée par deux ou trois cents mètres du peloton des cavaliers.

Il y avait là vingt ou vingt-cinq mâles, des taureaux de grande taille dont l’œil brillait, farouche et terrible, sous l’épaisse toison qui couvrait leur encolure et leurs épaules puissantes.

Avec un beuglement féroce, ils sortirent d’un pli de terrain et se ruèrent en avant, les cornes basses.

— Aux éperons ! cria Wagha-na, en français cette fois.

Les mollettes d’acier touchèrent les flancs des bêtes, dont la course exaspérée se précipita haletante éperdue.

Mais les taureaux chassaient à vue, et l’on sait que le bison américain peut soutenir une lutte de vitesse contre le cheval.

En cette circonstance, le péril était d’autant plus redoutable que, maintenant, pour gagner le couvert, il fallait courir parallèlement à la ligne assaillante et, par conséquent, perdre l’avance que l’on avait sur elle.

N’importe ! C’était là un péril prévu et qui n’arrêtait point les vaillants Canadiens.