— Encore un quart de mille, et nous sommes sauvés ! cria Wagha-na.

Un quart de mille !

Et les taureaux n’étaient plus qu’à cent cinquante pas de la troupe !

Un instant, le chef eut la pensée de faire arrêter la colonne et de fusiller à bout portant les terribles ruminants.

Mais, qu’y aurait-on gagné ? S’arrêter, c’était donner le temps au front de bataille de gagner son avant-garde, et, en supposant que celle-ci fût tout entière foudroyée par la décharge, ce qui n’était rien moins que certain, c’était permettre à l’aile droite du troupeau de fermer les issues, en débordant le bois de sapins.

La fuite se fit donc plus rapide, plus accélérée. Les chevaux, justifiaient la métaphore vulgaire. Ils dévoraient l’espace.

Enfin, les Sioux, les premiers, franchirent la lisière du bois et s’enfoncèrent sous les arbres.

Wagha-na, Madeleine, Georges Vernant, sûrs maintenant d’atteindre l’abri, avaient modéré leur allure.

Tout le monde se trouva sous les branches avant que l’avant-garde des bisons ne vînt se briser contre cet obstacle.

Seul, l’infortuné Léopold, malgré l’énergie que déployait sa monture, restait en retard d’une vingtaine de mètres.