Juste en ce moment, l’un des taureaux, une bête monstrueuse, au vaste front, armé de cornes courtes, mais acérées, se détacha du groupe et fondit à l’improviste sur le malencontreux cavalier.

Le Français se sentit perdu.

Il eut l’envie bizarre, maladive, de lâcher la bride et les étriers pour se laisser choir hors des atteintes de l’effroyable ruminant.

Mais, avant qu’il pût mettre ce projet morbide à exécution, une lueur rapide s’alluma sous son regard hébété, tandis qu’une détonation éclatait à quelques pas de lui, emplissant ses oreilles bourdonnantes.

Le bison frappé entre les deux yeux par une balle à pointe d’acier, tomba raide mort, capotant en avant.

En même temps, une main nerveuse saisit Léopold sous le bras et le remit en selle, en équilibre.

— Eh bien, mon cousin, dit une voix douce, un peu railleuse, vous voyez que je suis encore bonne à quelque chose, et qu’il eût été maladroit de me tuer.

Malgré le trouble de ses esprits, Sourbin éprouva une commotion en entendant ces paroles.

Il se retourna. Madeleine chevauchait à son côté. Un énigmatique sourire se jouait sur ses lèvres.

Il n’osa l’interroger, tout plein de gratitude en même temps que de confusion.