— Qu’allons-nous faire ? demanda d’une voix étranglée Sourbin, que tant d’émotions réitérées commençaient à remplir d’épouvante.

— Monsieur le Français, répliqua Joë O’Connor, nous allons tout bonnement remonter à cheval et charger cette bande, afin de l’empêcher de nous charger elle-même.

Cela ne faisait pas précisément le compte de Léopold qui, en fait de chasses au buffle, estimait qu’il en avait assez vu jusqu’ici et ne demandait pas mieux que de se remettre à des occupations moins champêtres.

Cependant, il fit contre fortune bon cœur et, quoique légèrement endommagé par les galops effrénés de ces derniers jours, enfourcha de nouveau sa bête avec une résignation mélancolique que celle-ci semblait partager.

Cela inspira même à Joë un mot pittoresque, quoique assez méchant :

— Vous avez là un assez joli poulet d’Inde, fit-il en caressant le cheval : Il commence à se faire à votre méthode.

Sourbin n’eut pas le loisir de relever cette épigramme.

La colonne du Bison Noir sortait du bois, prête à donner la main aux chasseurs Sioux.

— Venez avec nous, mon cousin, dit Madeleine, sans aucune malice cette fois dans le ton. Il vous est permis de faire usage de la carabine.

— N’en faites-vous donc pas usage vous-même ? — questionna l’aventurier.