Ils ne s’étaient point attendus à en trouver un pareil nombre.
Ce leur fut une première déception qui leur fit faire la grimace.
Leur second ennui fut de se voir reconnus à la première rencontre.
Wagha-na s’approcha d’eux avec un sourire ironique et, après avoir pris des nouvelles de leur santé, leur demanda s’ils étaient venus dans l’intention de prendre part à la chasse. Sur leur réponse affirmative, il ajouta :
— Eh bien ! Messieurs, la terre est grande et la prairie aussi. Il y a place pour tout le monde sous le soleil. Je vous souhaite une promenade agréable et d’heureux coups de fusils.
C’était, en termes polis, leur signifier leur congé.
Gisber Schulmann dut avaler sa rage avec sa salive. L’occasion semblait lui échapper.
D’autant plus qu’il fallait à tout prix informer Léopold Sourbin. Celui-ci, à la vue de ses complices, était devenu, tout à tour, très rouge et très pâle, et ces aspects de son visage n’avaient point échappé aux yeux sagaces qui le surveillaient.
Ulphilas joua sa dernière carte :
— Gentlemen, demanda-t-il, n’y a-t-il pas, parmi vous, un Français du nom de Sourbin ?