Il ajouta :

— Au surplus, le proverbe français ne dit-il pas : « Deux sûretés valent mieux qu’une » ? Pour nous y conformer, mon cher Georges, nous allons surveiller nous-mêmes ce surveillant intéressé.

Et, suivi du jeune homme, il se rapprocha vivement du groupe des chasseurs.

Ceux-ci, après avoir gravi une pente fort raide, s’étaient rassemblés sur une sorte de plateau, après lequel commençait une longue descente plus raide encore, longue d’un mille environ, au bout de laquelle, dans le creux d’une exquise vallée, scintillait un lac aux eaux bleues et limpides.

Sur les bords de ce lac, un véritable troupeau d’antilopes pâturait à son aise.

Attirés par ce spectacle, les chasseurs, Madeleine en tête, avaient descendu la pente au galop.

Soudain, comme ils atteignaient à leur tour le plateau, Wagha-na et Georges les virent revenir sur leurs pas, donnant les signes d’une vive terreur.

VIII
LES GRIZZLYS

Que se passait-il donc de l’autre côté du versant ?

Ni Georges, ni le Bison Noir n’eurent la patience d’attendre qu’on les rejoignît.