— Ils sont six en tout.
Mais, chez un tel homme, le découragement ne pouvait être de longue durée.
— Peut-être, — dit-il, — aurons-nous le temps d’en abattre un ou deux au sortir du défilé ?
Et, toujours accompagné de Georges Vernant, bondissant de roche en roche, ils parvinrent ainsi aux derniers blocs surplombant la vallée. De là, ils pouvaient être vus par les cavaliers et même échanger quelques paroles avec eux.
— Joë, — appela le Bison Noir.
Le vieux trappeur, qui se tenait aux côtés de Madeleine, se retourna.
— Profitez du passage au moment où il sera libre, — cria Wagha-na, en montant le défilé !
L’Irlandais comprit. Trois des six cavaliers se tournèrent vers l’orifice du défilé, pendant que les trois autres faisaient face aux assaillants de la vallée.
Contre ces derniers, la défense était plus aisée.
Ils ne pouvaient, en effet, venir à l’attaque qu’après avoir contourné le petit lac, ce qui permettait aux assaillis de les fusiller à leur aise, puis de se dérober par le défilé, si le passage en était libre.