Mais là gisait toute la difficulté. Il fallait que ce paysage fût libre.
Déjà Wagha-na et Georges Vernant avaient tourné l’extrémité du détroit rocheux et, descendant le plus bas possible, s’efforçaient d’attirer sur eux l’attention des Grizzlys, afin que, renonçant à la poursuite des cavaliers, ils permissent à ceux-ci la fuite, par le chemin qu’ils venaient de parcourir.
En un clin d’œil les deux hommes se dressèrent, au milieu de l’éboulis, de manière à prendre d’enfilade la longueur du couloir au moment où les fauves apparaîtraient.
Ils n’eurent pas longtemps à attendre. Presque simultanément, trois têtes affreuses se montrèrent.
Les deux coups de feu éclatèrent en même temps.
C’étaient de merveilleux tireurs que Georges Vernant et le Bison Noir. Les balles à pointe d’acier trouvèrent chacune un ours au bout de leurs trajectoires et deux bêtes s’abattirent, l’une, le cœur troué, l’autre le crâne fracassé.
Il en restait deux autres. Joë O’Connor, Sheen-Buck et Léopold Sourbin, très crâne devant ce danger inévitable, les frappèrent à la course.
— Dieu soit loué ! — s’écria Wagha-na, — la route est libre maintenant.
Les six cavaliers n’avaient point attendu cette exclamation pour s’élancer vers le défilé.
Il y avait bien encore une difficulté.