Il avait fait halte et attendu l’arrivée des soldats.

Leur chef, un lieutenant, d’aspect rude et grossier, s’était avancé, les interrogeant avec brutalité.

— D’où venaient-ils ? Que faisaient-ils en ces parages ? Quel était leur chef ?

Le jeune Sioux n’était pas d’humeur endurante. Il avait répondu avec vivacité.

Alors, les voix s’étaient grossies avec les expressions. Les soldats de l’Union, inférieurs en nombre et se trouvant en présence d’adversaires bien armés, avaient baissé le ton, tout en déclarant qu’ils s’opposaient au passage de la troupe et qu’ils feraient appel aux garnisons des forts voisins.

Devant cette attitude hostile, le chef sioux n’avait voulu prendre aucune décision.

Il en avait donc immédiatement référé à celui qu’il tenait lui-même pour son supérieur, à Wagha-na.

A ces nouvelles, celui-ci n’hésita pas. Il fit presser l’allure de la troupe et se trouva en moins d’une demi-heure sur le théâtre de la conférence.

A la vue du formidable renfort que recevaient leurs adversaires, les Yankees ne se sentirent point rassurés.

Wagha-na, accompagné de Georges, de Joë et de Sheen-Buck, sortit des rangs des Indiens et s’avança à quelques pas seulement du détachement américain. En anglais très pur, il engagea le dialogue.