On fait l'a...
Inutile effort! la note s'arrêtait dans son gosier qui n'avait plus que le son d'une clarinette dont on aurait retiré l'anche.
—Maudit moutard! murmura-t-il en pensant à Tony. N'importe! il a du chien, ce petit-là. Il n'a pas eu peur de moi. Il faut qu'il soit joliment brave!
Au fond, le commis à mame Toinon avait gagné un ami de plus. L'épée a du bon.
Et ce fut encore en chantant que le gai régiment fit son entrée à Chantilly.
Dès son arrivée, le marquis de Langevin se félicita d'avoir envoyé en avant Maurevailles.
Aux premiers les bons morceaux, comme dit le proverbe.
Les premiers régiments avaient donc trouvé de tout à profusion. On les avait fêtés, complimentés. Les habitants s'étaient fait un honneur de nourrir, et de désaltérer surtout les héros qui allaient se battre pour la France. Mais les seconds? mais les derniers? Sans Maurevailles, on n'eût pas mangé.
C'est qu'à cette époque les étapes n'étaient pas réglées comme elles le sont aujourd'hui et pour traverser un pays, même français, il fallait prendre ses précautions.
Car peu à peu l'enthousiasme diminuait, ou tout au moins les ressources. Et on finissait par ne plus même trouver les fournitures strictement réglementaires.