Il avait un jarret coupé.

Ce jeune homme, arrivé si à propos pour arrêter la fuite de Maurevailles, on l'a deviné, c'était Tony...

Tony qui, voyant Lavenay et Lacy retenus par leur service auprès du marquis de Langevin, s'était dit:

—Le danger n'est plus ici, il est là où va Maurevailles.

Où se rendait Maurevailles,—officiellement du moins,—Tony le savait bien.

En sa qualité de secrétaire du colonel, il avait lui-même rédigé les pleins pouvoirs avec lesquels l'officier était parti.

Mais, dans le temps que lui laisserait l'accomplissement de son devoir, qu'allait faire Maurevailles?

Cela ne laissa point que d'intriguer le jeune homme.

Aussi se promit-il de se servir de la première circonstance qui lui permettrait ou de rappeler Maurevailles ou de le rejoindre. Elle ne se fit pas attendre.

Le lendemain, le maréchal de Saxe, sous qui étaient maintenant les gardes-françaises, ordonnait au marquis de Langevin d'attendre le gros de l'armée à trente-cinq lieues de Paris, sur la route des Flandres. Tony alla trouver le colonel-général et lui demanda d'être le messager qui irait dire au chevalier de Maurevailles de ne pas continuer sa route au delà de trente-cinq lieues et choisir pour l'état-major des logements convenables, appropriés à un séjour plus ou moins long.