Dans l'encoignure d'un mur où l'on a ses ennemis en face, il y a encore moyen de résister.
Dans une forêt où l'on peut être entouré et frappé par derrière, c'eût été folie d'essayer.
Le capitaine ne s'en tira que par un coup d'audace.
N'attendant pas l'attaque, il choisit son adversaire.
Fondant sur l'un de ceux qui se trouvaient le plus éloignés de lui, il le frappa de son épée, le renversa, sauta sur le cheval et par un bond prodigieux s'élança hors du hallier.
Mais, avant de faire ce bond, il eut le temps de crier à la marquise:
—Vous m'échappez cette fois encore, marquise... Mais vous serez aussi malheureuse que moi... Celui que vous aimez, votre mari, est mort!!! Si vous ne me croyez pas, demandez à votre ami, le courtaud de boutique!
Et désignant Tony d'un geste méprisant, il disparut, sans qu'on le poursuivît cette fois, le seul ordre qu'avaient les muets étant de retrouver madame de Vilers.
Tony s'était relevé.
Délivré de Maurevailles, sa situation ne valait guère mieux, car les gens du magnat l'entouraient et menaçaient de lui faire un mauvais parti.