Si le jeune homme eût eu une arme, il eût certes, malgré la difficulté de renouveler pareille surprise, essayé, comme Maurevailles, de démonter un des muets pour fuir sur son cheval, en emmenant la marquise.
Nous savons que Tony ne doutait de rien. Au besoin, il eût tenté de faire une trouée.
Mais Tony n'avait pas d'arme...
Rien, pas même un tronçon de lame.
Faudrait-il donc que Tony se rendît et demandât grâce au vainqueur?
Se rendre!... demander grâce!... A cette pensée, le jeune soldat sentait tout son sang bouillonner. Et cependant, oui, il le fallait. La marquise était là, au pouvoir du magnat, menacée par Maurevailles qui voudrait prendre sa revanche et par les deux autres Hommes Rouges qui allaient bientôt arriver, eux aussi.
Plus que jamais, elle avait besoin d'un défenseur.
Il était donc nécessaire que Tony vécût pour la protéger.
Tony faisait ces réflexions, tandis que le magnat, certain que son prisonnier n'échapperait pas, s'occupait de la marquise qu'il faisait prendre par deux hommes et déposer sur une litière improvisée avec des branches d'arbres et des manteaux.
Tout à coup le jeune secrétaire de M. de Langevin eut une inspiration.