Tony remarqua que le marquis de Langevin ne le tutoyait plus.

—Enfin, continua le colonel, je me mettrai aussi du côté de votre protégée, c'est mon devoir de gentilhomme et de Français, c'est mon devoir d'homme d'honneur... Si MM. de Lavenay, de Maurevailles et de Lacy trouvent que trop de distance sépare leurs épées de la vôtre, j'abrégerai celle qui est entre mon épée et les leurs...

Maintenant, allez, Tony, vous vous êtes pleinement justifié. Mais, avant de vous retirer, jurez-moi, puisque vous tenez si bien vos serments, que vous ne répéterez jamais à d'autres ce que vous venez de me dire et que vous oublierez que je vous ai interrogé.

Et, comme Tony levait la main, le colonel ajouta avec bonté, en le tutoyant de nouveau:

—Va, mon enfant, va!...

Tony sortit tout ému...

XII

LE PROTECTEUR DE LA MARQUISE

L'arrivée du régiment des gardes-françaises à Blérancourt contrariait singulièrement le comte de Mingréli.