Maurevailles n'hésita pas. Il ouvrit la porte par laquelle lui semblaient venir les cris.
Il aperçut la trappe ouverte. Quant au nain, il était toujours au milieu de la cheminée.
—Monsieur le comte, dit Maurevailles en se penchant sur la trappe, je viens vous sauver!
Il se releva frappé d'horreur. Le magnat, dans d'horribles spasmes, se roulait sur le sol sans paraître tenir compte des souffrances que devait lui causer sa jambe cassée, d'où à chaque mouvement jaillissait un sang noir. Une écume sanguinolente frangeait ses lèvres. Ses yeux fixes sortaient de leurs orbites; sur son crâne dénudé, de rares cheveux blancs se dressaient... Il se traînait convulsivement, par saccades, hurlant plutôt qu'il ne criait, adressant d'une voix devenue inintelligible, à des êtres que lui seul voyait, des supplications, des insultes et des menaces; frappant du poing les murs de fer et retombant découragé, en proférant un blasphème, pour recommencer la minute d'après.
—Oh! c'est horrible! s'écria Maurevailles.
A la voix du chevalier, le nain dégringola de la cheminée et s'élança vers lui, espérant recevoir ses félicitations.
—Une échelle, vite, une échelle! lui commanda Maurevailles.
—Que voulez-vous faire?
—Que t'importe? Allons, vite, le temps presse!...
Dominé par l'accent impérieux de la voix du capitaine, le nain se hâta d'aller chercher une échelle mince et longue, que Maurevailles fit passer par la trappe.