J'étais sa fille.

Mon malheureux père, vous le savez, continua la jeune fille, fut tué en duel. J'avais déjà perdu ma mère.

Mon père mort, je devais être confiée à une parente éloignée.

Le comte se chargea de moi, mais il s'en chargea à une condition qui devait faire le malheur de ma vie.

Il ne m'adoptait point, il me faisait passer pour sa fille et me substituait à elle, grâce à cette ressemblance.

Tout le monde, en Autriche et en Hongrie, me croit sa fille, et c'est pour lui, à moins qu'il ne m'épouse, le seul moyen de m'assurer son immense fortune.

La jeune fille s'arrêta un moment et me regarda silencieusement. Elle était émue; une larme brillait dans ses yeux.

—Ainsi, lui dis-je, après vous avoir aimée comme sa fille...

—Il voudrait faire de moi sa femme.

—Mais c'est un vieillard! m'écriai-je.