Il relut encore:
«Enfin, tu m'appartiens...» Oui, je suis vaincu, je me suis agenouillé... Cheval de Diomède, que tes morsures ne soient pas empoisonnées! Le vieil attelage est dissous. Un cheval a rompu son licol. Un autre... Quel autre? J'ai oublié jusqu'à son nom. Un autre... Celui-là, je ne le songerai plus, je ne caresserai plus sa croupe docile, ni sa crinière fine... Mes songes ont perdu leur vertu...
«Enfin, tu m'appartiens...» J'appartiens. C'est vrai. Je suis lié à la créature que j'ai soumise. En se couchant sous mon ventre, elle m'écrasait les reins. Le cheval se dresse et se renverse sur son cavalier, ou bien, allongeant la tête, il mord les jambes qui lui battent les flancs.
J'appartiens... Quelquefois l'homme se révolte... Assez. Me reposer, me recueillir, moi aussi, et souffrir—à moins que je n'oublie. Non, je ne puis pas oublier. J'appartiens.»
*
Il songea à se distraire. Comment?
Son harem était dispersé. Il regretta ces femmes aimables et dociles qui respectaient sa liberté, sa volonté, sa conscience, avec lesquelles il jouait aisément. Aventures de chair ou de songe, aventures légères au cœur!
Mais il eut honte de son regret.