[XIV]

LES MARRONNIERS.

L'herbe est douce et profonde
autour des marronniers.

Elle emmena Diomède sous les arbres.

*

Le grand parc solitaire et clair les accueillit dans son sourire. Les arbres verts tendaient leurs nouvelles pousses, pareilles à des mains fraîches; les lauriers métalliques brillaient comme des faisceaux de lances autour des hêtres pourpres, graves et fiers, et rassemblée des lourds marronniers élevant vers le ciel la flamme de ses lampadaires semblait, comme un reposoir énorme, abriter le Saint-Sacrement de la nature.

Elle emmena Diomède sous les marronniers.

Vêtue d'une sombre étoffe rouge, dont le reflet obscur cuivrait durement ses cheveux blonds, couverts un peu de la même dentelle noire qui avait voilé la richesse de ses épaules—la dentelle de Cyrène,—Néo s'avançait sérieuse, les yeux éclatants, presque sacerdotale, pleine de vie, de force et de beauté; ils n'avaient pas encore parlé; elle s'arrêta, mit ses deux mains fraîches sur les joues de Diomède et le baisa au front.

Diomède, à son tour, lui baisa les mains et en garda une entre les siennes.