Serrés l'un contre l'autre, en une attitude de tendresse chaste, ils rêvaient obscurément; cependant Diomède se demanda:

«Des noces ou une bonne fortune?»

Il répéta plusieurs fois, du bout des lèvres, cette interrogation mauvaise.

Cela ressemblait à des noces par la gravité du silence, le souci des yeux, la tenue et la réserve des mains; mais le fiacre disait la hâte des désirs, la peur d'abréger les trop courtes heures, le soin de se cacher, plus de honte que de pudeur, la course à la volupté plutôt que la lente promenade vers l'amour.

Une lumière vive passa comme un rayon de phare sur la figure de Néo. Elle était pâle et belle et maintenant un peu frissonnante de toutes les petites pensées confuses qui remuaient dans son cœur. Comme il la regardait, elle sourit, disant lentement:

—Dio! Dio!

*

Ils arrivèrent, comme d'un voyage.

—Il me semble que viens de loin, de si loin! Diomède eut la même sensation, en ouvrant sa porte. Il se reconnut à peine. Tout était changé. Les ordinaires fleurs du cabinet de travail eurent l'air nouveau et frais d'un ornement inattendu. Néo alla les respirer, croyant à une divination. Elle fît le tour des trois pièces; ensuite s'enferma dans la chambre.

Quand elle reparut, nue et grave, Diomède l'adora ingénument, muet, sans aucun geste de main mise. Il la suivit, sans hâte, ému, la trouva couchée sur le lit ouvert, dans l'attitude fa et candide d'une Danaë.