—Je suis fâchée. Si vous voulez que je vous pardonne, partez immédiatement et écrivez-moi d'ici huit jours que tout est prêt pour notre mariage. Je vous aime. Vous vous en apercevrez quand je serai votre femme, mais pas avant. J'ai bien voulu jouer avec vous, vous avez tenté d'en abuser. C'est mal. Allez.»
Il fallut partir, elle fut inflexible.
Quand M. Hervart monta dans l'express, à Sottevast, Rose pleurait. Elle lui avait pardonné, car elle l'aimait. Elle lui avait pardonné, car il obéissait.
[XIV]
De 8 h. 57 du matin jusqu'à 6 h. du soir, qu'elle sonna à sa porte, M. Hervart n'avait eu exactement qu'une idée, une seule: coucher avec Gratienne.
Elle était à Paris depuis la veille et elle venait de lui écrire, quand elle avait reçu, de Caen, le télégramme de M. Hervart. Son contentement était extrême. Elle réalisa avec joie le vœu de son ami.
—Je t'aime, gros loup!
M. Hervart fut deux jours sans pensera Rose que comme à une chose lointaine. Il retrouvait le Louvre avec émotion. Il contemplait la colonnade avant d'entrer. Le «Héros combattant» même lui semblait une nouveauté. Il alla méditer devant la Vénus accroupie, qu'il aimait particulièrement. C'est là qu'il donnait parfois rendez-vous à Gratienne. Ah! comme il l'aimait! Avec quel plaisir il avait retrouvé son «éphèbe»!
Le troisième jour, il reçut la lettre de Gratienne, retour de Robinvast. Cela ne laissa pas que de le troubler un peu: l'écriture de Rose superposée à celle de Gratienne!