—Je voudrais savoir ... savoir ... eh bien, oui, votre nom, là?
M. Hervart, interloqué, ne comprenait pas.
—Mon nom?... Mais.... Ah! celui qui ... l'autre?...
Il hésitait. Ce nom, qu'il n'avait presque pas entendu prononcer depuis la mort de sa mère, lui était si peu familier qu'il ressentait une gêne à en proférer les syllabes. Il signait Hervart, tout court. Tous ses amis l'appelaient ainsi, aucun ne l'avant connu dans l'intimité de la famille, et ses maîtresses, elles-mêmes, n'en avaient jamais murmuré d'autre, les femmes d'ailleurs se servant plus volontiers d'appellations qui conviennent à toutes les têtes, telles que mon gros loup, mon chat bleu, ou mon lapin blanc. M. Hervart, qui était maigre, avait surtout été appelé mon gros loup.
Il dit enfin:
—Xavier.
Rose parut satisfaite.
Elle recommença à manger des mûres, comme la veille. Comme la veille, M. Hervart ouvrit sa loupe; il comptait les points noirs qui ornaient le dos rouge d'une bête à bon dieu, coccinella septempunctata, et il n'en trouvait que six.
Rose mit dans la paume de sa petite main, déjà toute marbrée de violet, une belle mûre toute noire, et la tendit à M. Hervart. Comme il ne levait pas la tête, un œil clos, l'autre absorbé, elle dit d'une voix douce, mais sans apprêt, d'une voix délicieusement naturelle.
—Xavier?